Du rejet au Refuge…

Par Thomas Marcilly|juin 2, 2018|Articles

Mon chemin s'ouvre à ce que je n'aurai jamais pu concevoir il y a encore un an. Mon être est guidé, mes pas se dirigent sereinement et même mon coeur est touché en son centre jusque dans ses contours... pour apporter ma voix, ma place, mon aide, mon soutien, mon écoute, mon expérience de 35 ans.

Peut être ai-je suffisamment panser mes propres plaies, panser ma propre haine, rencontrer l'homophobie en moi, rencontrer avec plus d'élégance que je ne l'ai fait pendant tant d'années, mon corps, mes relations. Il y a la réalité d'un système, d'une société, d'un inconscient collectif dans la prison de la peur... mais cela ne doit plus freiner mes pas.

Il y a 20 ans pile poil, je m'engageais dans l'association Enfine (une structure soutenant les personnes souffrant de Troubles du Comportement Alimentaires ou TCA) et nous étions seulement 2 hommes : Antoine le trésorier et moi. Ma peine trouvait refuge (retenez ce mot) dans le forum et je donnais un sens à ma souffrance en rédigeant une tribune pour les adhérents, en soutenant l'administration du site. Il y en a eu combien de ces jeunes femmes que la maladie a emportées... je me souviens des absences qui ne revenaient pas sur le forum.

Et moi, je ne savais que faire de mon homosexualité, de mon hypersensibilité, de ma médiumnité, de mon corps. Je n'aurai jamais été mis à la porte comme le sont aujourd'hui de nombreux jeunes. J'aurai pu saisir cependant la drogue et la prostitution très certainement tellement je portais un profond dégoût pour mon Être. Mais la vie m'a protégé de cela même si je l'aurai bien donnée cette vie pour ne plus souffrir de la haine introjectée, de la honte, de l'incompréhension, qui m'envahissaient.

20 ans plus tard, je rencontre Nicolas, le fondateur du Refuge. Un temps précieux, un temps timide, un temps de reconnaissance, en temps entre hommes, pour faire connaissance sur une terrasse parisienne. Et je recevais sur le chemin de cette rencontre, les premières idées de contributions... Le Souffle des Âmes est là, me guide. Vive émotion, j'ai peur, je suis terrifié... et oui, c'est un jour de reconnaissance pour moi. La vie a tricoté cette rencontre.

Il y a 17 ans presque jour pour jour, je passais le jour de mes 18 ans à pleurer dans mon lit tellement j'étais inondé de tristesse. Je peux encore sentir comment cette scène a été marquante pour moi du haut de l'adolescent que j'étais, déjà guidé, déjà inspiré... Aujourd'hui je comprends mieux pourquoi j'accompagne ceux qui viennent à ma rencontre à reconnaître leur souffrance pour en sortir.

Et je sens la force agissante qui me souffle qu'il est temps pour moi, d’œuvrer auprès des jeunes rejetés... d'oeuvrer auprès du jeune que j'étais. En tant qu'homme, en tant qu'homme sensible, en tant qu'homme enseignant, en tant que professionnel de l'accompagnement.

C'est très certainement parce que j'accomplis un beau travail de reconnaissance du diamant que je porte, de mes facettes humaines et complexes, que je peux être là. Être là... simplement.

Aujourd'hui est un jour nouveau.

Tendresse d'un instant partagé,

Thomas

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