Si j’étais un bon entrepreneur, traduire sans trahir…

Par Thomas Marcilly|novembre 29, 2017|Lettres

Je souhaite vous traduire la force agissante qui se révèle en moi depuis quelques mois. Mon parcours de professionnel indépendant depuis 2011, moi gamin des années 80, me permet d'être à la fois sensible à ce qui se vit dans le monde de la communication 2.0, à me vivre libre de créer, tout en me questionnant profondément sur ce qui cherche à se dire. A vous dire, je suis plein de trop plein et je me laisse encore séduire par le trop faire.

 

Ce qui nous réunit tous... la loi de l'incarnation ? Celle qui nous permet de goûter au contraste permanent du corps et de l'âme. Celle qui nous permet de vivre le mouvement autonome de l'âme dans la respiration du corps.

 

L'âme est agissante, en permanence, en tout lieu, à toute heure, en toute circonstance. La loi de l'incarnation nous fait nous déguiser dans le corps, prendre contact avec la matière, mais quelque chose cherche en permanence à grandir de cela, grandir des limites, exploser le cadre du simplement petit.

 

Une force cherche à s'agencer dans l'incarnation et l'âme stimule ce socle en permanence. Être en vie c'est donc questionner ce corps, réaliser cette danse, accueillir la tragédie d'une expérience qui ne peut être une réalisation complète corps et âme.

 

L'âme s'habille d'un corps mais le corps choisit-il d'être ce vêtement ? Quand le corps est à marre de danser, l'âme lui souffle ce mouvement d'aller vers, encore et toujours. Et quand l'âme souhaite goûter à nouveau la fusion, le corps lui rappelle qu'elle doit se vivre limitée et matière ici-bas.

 

Faire de la place... pour que ce dialogue ait lieu.

 

Faire de la place... pour que puisse grandir l'incarnation.

 

A fuir le vide, à remplir les espaces de nos vies, professionnelles et affectives, nous trompons la loi de l'incarnation. Notre job ne serait-il pas de laisser à la place à ce qui nous agit ? Notre job ne serait-il pas de nous vivre élèves et observateurs du vivant ?

 

 

Dans ma place d'accompagnant thérapeute, je ne me reconnais pas, je ne me reconnais plus, dans la surenchère à l'information, aux stages, aux propositions. Je ne me sens pas "entrepreneur 2.0", je ne me sens pas entrepreneur de la nouvelle vague. Je ne me reconnais pas dans la génération webinaires et au tout à l'image. Même la radio devient télé, le mystère de la voix ne peut plus s'exercer !

 

Je n'arrive pas à croire que le tout consommer nous amène à contacter notre spiritualité.

 

Qu'il soit gratuit ou payant, l'argent devient un prétexte à se vivre spirituel, mais est-cela le nouveau monde ? Je touche l'abondance financière alors je suis spirituel ? Je touche la misère financière alors je suis spirituellement mis au travail par le divin ?

 

Mes plus profondes expériences de reliance corps et âme se déroulent lorsque je m'abandonne, lorsque je ne cherche à ne plus rien faire, prouver, devenir, à être riche, à voyager, à embrasser. Alors là je peux être, serein, homme, accompagnant, amant, ami, frère, âme. C'est ce Souffle qui est, qui me traverse, et me rappelle comme il n'y a pas à en faire trop. C'est tout à fait complexe pour moi que de vous traduire sans trahir, ce qui naît.

 

Si j'étais un bon entrepreneur 2.0 de la nouvelle vague, je vous aurais déjà proposé 3 formations en ligne qui se vendent toutes seules, je vous retrouverais dans un webinaire chaque semaine, je vous vendrais du "Guide", de "l'Ange", du "Chakra", de la "Posture", de "l'animal totem" et du "lâcher prise" encore et encore. Je ferais encore et encore, au nom de notre puissance créative.

 

Si j'étais un bon entrepreneur 2.0 comme j'ai essayé de le devenir, je vous vendrais des clefs pour frôler le burn-out au final et remplir tous les trous de votre existence pour surtout ne pas vous permettre de vivre l'expérience de votre entièreté, de votre véritable singularité.

 

Si j'étais un bon entrepreneur 2.0 qui se fond dans la dictature du bonheur et du lâcher-prise, je vous vendrais mon sourire à longueur de journée sur facebook et quelques larmes de temps en temps, pour vous dire que je ne suis pas attaché à mon image, à ce que l'on pense de moi au final (?).

 

Je suis plein de tout, plein de "thérapie", plein de "projets", plein de "corps", plein "d'authenticité", plein de "bonnes résolutions"... et je mesure comment ce circuit infernal me raconte comment je n'ose pas vivre en confiance, au centre. Je cherche la réponse, le soutien.

 

Mais je mesure un peu mieux aujourd'hui en vous l'écrivant, la justesse d'un endroit qui me reste encore à rencontrer ici, maintenant en 2018 et au-delà... Vous traduire sans trahir, me demande une vraie attention et c'est peut-être la place que je dois explorer simplement et celle à laquelle je dois vous inviter lorsqu'on se rencontre.

 

Vivre la fragilité de notre incarnation dans des réponses qui ne se trouvent pas. Je n'ai aucune technique à vous apprendre même si ma valise déborde d'outils. Je n'ai rien à vous apprendre de qui vous êtes même si ce serait tellement plus simple. Je n'ai rien à certifier de vous même si cela serait tellement valorisant.

 

Je n'ai rien à vous proposer d'autre qu'une invitation à vivre l'expérience.

 

Qu'est-ce que j'ai réellement compris du monde depuis la petite fenêtre de mes sensations ? Tout ce que je vous livre est un bout de moi, un bout du divin, un bout que vous ne pouvez pas prendre comme tel, mais dont vous devez vous affranchir pour mieux vous contacter.

 

De tout coeur,
Thomas

 

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