La souffrance d’un animal est plus importante que le goût d’un aliment

Par Thomas Marcilly|décembre 27, 2016|Lettres

Matthieu Ricard partage des éléments qui me semblent essentiels dans un article paru sur le journal Le Point le 21 novembre 2016. Je suis toujours touché de sentir se rapprocher les discours... et de ne pas laisser de côté les soit-disant animaux que nous "aimons".

Peut-être aurai-je la profondeur joyeuse de vivre ce moment où nous considérerons que la souffrance d'un animal ne peut plus être, qu'aucune loi ou croyance ne peuvent la justifier... et que nous découvrirons dans les livres d'histoire que nous avons préféré un jour, aimer plutôt que de poursuivre la folie de conduire le règne animal en esclave.

J'ai l'intime conviction d'âme qu'un jour, nous ne trouverons enfin plus aucun argument justifiant le meurtre d'un animal. Mais nos croyances, nos fonctionnements sont encore bien trop accrochés à l'archaïque d'un autre temps, aux mythes alimentaires, au bien-pensant et bien-pensé.

Je sais aussi que chaque transition doit se faire non pas à partir de la culpabilité d'avoir fauté, mais s'appuyer sur la volonté de mieux aimer, mieux faire maintenant. Alors puissent ces quelques mots offrir un espace de réflexionS et d'appuiS pour chacun, comme nous le trouvons de plus en plus maintenant. Le parcours de Matthieu Ricard est un élément fondateur de la cause animale.

Chaque heure dans le monde nous tuons 120 millions d'animaux terrestres et marins.
(Matthieu Ricard)
La souffrance animale est-elle censée être moindre si elle est locale et bio ? Ce questionnement me vient car c'est celui que je rencontre chaque jour. Nous justifions encore nos habitudes pour ne pas oser regarder ce qu'il se passe et surtout ne pas regarder en nous ce qui dérange. Et nous prions Sainte Vache, Saint Poulet, Saint Poisson pour le remercier de son sacrifice local et bio... et valider notre bonne conscience dans un monde ou il y a pire.
C'est tout ce copier/coller que nous construisons dans un monde soit-disant spirituel, c'est à dire enseignant sur notre rapport à la mort, notre expérience de la vie. Nous nous responsabiliserons peut-être un jour suffisamment et nous nous reconnaitrons dans notre évolution collective, pour oser demander pardon à ceux qui nous enseignent pourtant l'amour unifié.
Comment être bienveillant envers nous-même si notre manière de nous nourrir et de nous vêtir est faite de sang ?
Aucune spiritualité, aucun discours, aucune pratique, aucune technique... ne peut selon moi aujourd'hui prendre son terreau sur ce déni et justifier ce qu'il se passe en forêt et derrière les mûrs.
Nous nous donnons même bonne conscience aujourd'hui en installant la communication animale. Nous projetons notre système de pensée et de faire dans celui d'un règne qui nous enseigne pourtant à chaque seconde la présence à l'Amour. Quelle est ensuite cette mécanique intérieure qui fasse se retrouver l'animal dans l'assiette ensuite ? Au nom du bio et du local cela me semble encore beaucoup plus filou.
Nous avons déréglé notre écosystème, une auto-régulation des rythmes du vivant. Notre histoire est pervertie par 50 années de surproduction en tout genre, de surproduction de souffrance. En cette fin d'année, cette période ou nous occultons la souffrance au nom de notre propre addiction à l'opulence, de notre profonde hypnose à un système collectif, je nous invite à nous offrir ces cercles pour penser, nous recueillir, nous accueillir. Il nous suffit simplement de reprendre le chemin de l'Amour et de nous y responsabiliser. A cet endroit commence la spiritualité incarnée...
En incluant tous les êtres sensibles dans le cercle de la bienveillance, nous n'aimons pas moins les humains, nous les aimons mieux, car notre bienveillance est plus vaste (...) La souffrance d'un animal est plus importante que le goût d'un aliment. La façon dont nous traitons ceux qui sont, comme nous, des êtres sensibles porte dans le monde un message d'obscurité et de mort ou un message de lumière et de vie.
(Matthieu Ricard)

A nos prochains instants de respiration intérieure,

Je vous invite à lire l'article de Matthieu Ricard :

Thomas

PS : Une bonne année 2017 en vidéo de la part de l'association L214

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=09mVxGBHqCE&w=853&h=480]

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