La fin de la quête ?

Par Thomas Marcilly|décembre 20, 2016|Lettres

Cette fin d'année nous propose une invitation forte à vivre notre équilibre émotionnel sur ce fil incongru des imprévus. Il y a comme à naître à nous-même dans un monde avec une forte crise identitaire. Tout est prétexte à nous décaler du savoir vers la connaissance. Lorsque le changement n'est pas en nous, il est inévitablement violent et absurde... nous en avons les échos interminables. Nous réapprenons notre Humanité avec une certaine forme de violence. 

Cependant, je nous invite aussi à nous connecter à tout le sublime qui ne fait que jaillir un peu plus chaque jour de nos vies. Car si la peur nous plonge dans l'hypnose la plus totale et donc signe l'arrêt de toute réalisation individuelle et collective, que faire de notre faim d'aimer, de nous relier, de partager simplement avec l'autre ? 

Quelle place laisser à notre Désir si ce n'est lui offrir intimement l'espace de se révéler en nous ? 

Alors qu'Alep pleure de poussières comme tant de villes dans le monde, où les corps apprennent à se suradapter à la violence et à en faire parfois coutume, où il est parfois interdit d'être Femme ou Homme de son temps, moi dans mon pays je peux fin 2016 penser à un ultimatum différent et je compte bien user de la douceur. 

Pourtant, des instances en moi sont terrifiées de savoir que de l'autre côté d'un mur, d'un portail ou à une table en terrasse, aimer comme je le fais, écrire comme je le fais, peuvent être un délit dans l'univers de l'autre. Je reconnais aussi comme certaines autres parts en moi nourrissent encore ce terrain à penser et n'ont pas de moyens pour aimer la différence. Comment exiger de l'autre si je ne peux l'accueillir également ? 

En cette fin d'année 2016 alors que j'ai l'impression d'avoir fait deux fois le tour de la Terre et de moi-même, de m'être déposé un peu plus dans ce qui fait douceur pour moi, je m'offre l'espace du deuil : de la faim à la fin de la quête. 

Je souhaite être un élève à l'école de la douceur et je me suis délesté cette année de toute mission de vie tout en gardant précieusement mes aspirations à contribuer pour un monde meilleur. A l'école de la douceur, j'apprends à r-a-l-e-n-t-i-r. Je rends hommage à la qualité d'une relation avec qui j'ai parcouru des milliers de kilomètres dans le monde. Cette relation m'a enseigné ce rythme-là et je nous sais heureux avec mon amie Nathalie de nous retrouver dans cette évidence. A l'époque, nous ne savions pas que notre style allait devenir un art de vivre à l'école de la douceur. 

Joyeusement sur mon chemin d'apprentissage, je rencontre des hommes alchimistes, sensibles, s'offrant dans leur puissance vulnérable ronde et sécurisante. Je me relie aussi à des femmes d'expériences osant la reliance et la profondeur. Ceci est satisfaisant et réconfortant pour moi que d'avoir des exemples d'êtres osant se retournement long et profond à l'intérieur d'eux. 

J'apprends à mesurer mes relations quotidiennes autour de l'axe de la simplicité, de l'authenticité, du temps de qualité de conversation et d'échanges. Je me rappelle ce moment hier avec mon amie Laurence, cette parenthèse parisienne que nous nous sommes proposée pour oser la rencontre véritable et empathique. Que c'est bon de laisser la vie se vivre dans l'art de la relation et de proposer à la faim de la quête collective, une expérience conscience de ce qui est. 

Je me laisse encore parfois rattraper par la faim de la quête. Car si ralentir est courageux dans ce monde qui va vite, ou tout devient clic de souris et ingérence relationnelle, il faut être téméraire pour rester à l'endroit qui permet de se rencontrer, de se voir dans ses multiples aspects. Je me suis sauvé de cet endroit bien souvent pour ne faire que des yoyos dans le corps et les relations. C'est en accédant à une certaine forme de chemin intérieur que j'ai appris à rester à l'endroit où cela vibre. Je me souviens de mes retraites Vipassana qui m'ont offert cet axe de découverte intérieure. 

Nous faut-il regarder de plus près la faim de la quête ? S'offrir une fin de la quête ? 

Je n'ai pas la réponse si ce n'est que je fais le choix aujourd'hui de me servir de mes émotions dans mon propre laboratoire de recherche intérieur, d'oser me déposer dans des espaces pour me retourner, penser autrement, m'accueillir dans ma différence et accueillir l'autre dans sa différence. A l'écoute de ces aspirations, je transmets que ce chemin est un lieu sublime dont la qualité ne dépend que de l'engagement individuel. 

La faim de la quête nous pousse à nous violenter à la recherche du remède miracle à l'extérieur de nous, de la bonne parole. La fin de la quête se trouve dans oser s'abandonner au coeur de la Présence. 

Pour terminer l'année, je vous propose 2 rencontres avec Isabelle Hercelin sur radio médecine douce. Un échange autour du parcours alimentaire et de la pratique d'Amaroli... témoignages vivants et simples. Les méditations vous accompagnent également pendant vos vacances. 

Je vous propose enfin les GUIDANCES INDIVIDUELLES 2017 en commande jusqu'au 8 JANVIER. 

Le cycle 2017 nous ouvre les bras, fondé sur le terreau des connaissances acquises. J'ai été le témoin de très beaux retournements intérieurs cette année, de rencontres décalées et décalantes, d'expériences exquises, de moments douloureux. La vie n'a cessé de se vivre et pour cela, je remercie ce mouvement de me faire goûter un peu plus à la Présence chaque jour. 

Cela est tellement un abandon, 

Je m'abandonne un peu mieux, un peu plus. 

De tout coeur, 


Thomas 

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