La guérison

Par Thomas Marcilly|novembre 23, 2014|Lettres

 

(nouvelle publication de ce post publié la première fois le 12/11/2011)
 
« Il y a une ou des failles en chacun de nous... afin que la lumière de Dieu puisse pénétrer »
(E. Gilbert)
 
 
Un jour, je me suis penché vers cet enfant que j'étais, curieux et qui rêvait de son futur. Quelques minutes d'une introspection inhabituelle, et j'ai vu l'enfant que j'étais, souriant et confiant. Je me suis alors retourné et ai découvert en moi l'Adulte... souriant et confiant... Ce retour à moi même puissant, réalisé au cours d'un séminaire au printemps dernier, m'a tout simplement conduit à l'acceptation, la reconnaissance, la compréhension.
 
Enfant, je rêvais de celui que je suis en train de devenir : libre de penser, libre de voler de mes ailes dépoussiérées de superflus, libre d'explorer chaque curiosité de la vie, libre d'évoluer... Enfant, je rêvais de ne jamais décevoir mes parents : et après quelques malheureux échecs utiles, j'ai compris que c'est tout d'abord en ne me décevant pas moi même, que cela marcherait, peu importe les choix. Enfant, je rêvais de ne jamais cesser de rêver, de ne jamais être lassé du quotidien et des curiosités de la vie.
 
Entre l'enfant et l'adulte, il y a cette étape si délicate à gérer, un équilibre si douloureux à trouver. L'enfant grandit sur des bases que sa famille lui a enseigné, des valeurs respectables et admissibles. L'adolescent est cependant conscient qu'il a la possibilité d'avoir sa propre entité, de choisir son propre chemin. Les années défilent et l'enfant pleure, l'adolescent hurle, et un semblant d'adulte naît, modelé sur des peurs, oubliant son pouvoir véritable de réalisation, au détriment d'une vie copiée-collée enseignée par des valeurs historiques que chacun croit immuables, et par le capitalisme mêlé au consumérisme.
 
 
Évoluer et guérir : deux notions dont peut être chacun à son point de vue et vécu.
 
Évoluer me semble être avant tout reconnaître que, ce qui nous correspond aujourd'hui, ne le sera peut être plus demain. Aussi, ce qui correspondait à l'enfant pleinement lancé sur les couloirs des écoles, n'a fait que le porter sur un chemin sur lequel il lui est maintenant possible d'évoluer. Il n'y a jamais de hasard dans les expériences quand on sait lire entre les lignes.
 
Être adulte : porter sa vie comme un échafaud, ou accepter de grandir et de voler de ses propres ailes ? Qui peut aujourd'hui prétendre être cet adulte dont il rêvait naïvement étant écolier ? Évoluer est-il synonyme de réussite professionnelle dans laquelle on se sent grandir et reconnu ? Évoluer est-ce réellement grandir au travers des autres ? Évoluer est-ce construire ou se construire ?
 
Comment expliquer un virage à 90 degrés entrepris un matin par une mère de famille, ou bien femme / homme d'affaires au bord du burn-out, ou trentenaire toujours à la recherche d'une passion ? Comment expliquer qu'à un temps précis, une personne décide de bouleverser son quotidien, en bravant les jugements et écoutant seulement sa voix intérieure ? Comment expliquer que l'inconnu, une seconde naissance, puissent un jour apporter à un individu les raisons de son existence ?
 
A pousser les limites du supportable, se présentent un beau jour à chacun, deux choix. Le premier est celui d'éveiller enfin et de laisser rayonner son pouvoir de réalisation au travers de décisions personnelles. Des décisions seulement dictées par la FOI et la confiance de se dire, qu'il n'y a pas pire que de se perdre soi même au milieu des autres. Le second choix semble être une étape obligatoire de la vie : continuer à se marteler en tête pour quelques années supplémentaires l'idée que de rester dans des sentiers battus par de fausses conceptions sera la clef d'un bonheur éventuel. Par peur du jugement, d'un coup de règle de “et si... et si...”. Et quand la maladie prendra possession de notre corps et esprit, il y aura encore « et si ».
 
La guérison de la maladie passe par le stade de l'évolution, du changement. La théorie de l'hygiénisme sur laquelle se fonde les grands principes de la naturopathie est de donner au corps un total pouvoir d'auto-guérison. Pachamama n'a heureusement pas attendu l'homme pour apprendre, et notre corps physique à cette capacité. La maladie apparaît si l'on modifie un paramètre qui empêche ce processus d'autoguérison. Pour aussi prendre l'exemple de l’Ayurvéda, science de la vie indienne, la maladie apparaît si un certain équilibre entre 3 corps est rompu. La théorie du Yoga sur la maladie s'en rapproche aussi : EQUILIBRE...
 

 

Pour notre plus grand malheur, les doutes français se refusent encore et toujours à donner une main aux thérapies holistiques. Le business de l'allopathie consistant à trouver une pilule par bobo, à pourtant tant de limites... On préfère nier les sciences millénaires de la naturopathie, du Taoïsme, de l’Ayurvéda, du Yoga, du Reiki, du chamanisme, du Tai-chi, de la méditation... ou chaque individu est bien plus qu'un bout d'épaule douloureuse, jambe boiteuse ou tête migraineuse.
 
A ce jour, c'est au patient malade de réaliser par lui même les limites du traitement d'urgence de la médecine médicamenteuse (et nécessaire en premier lieu que cela soit dit). Mais le patient malade, va encore devoir prendre son mal en patience, quand celui-ci va se heurter au mutisme de nombreux médecins vis à vis des médecines complémentaires. Un beau jour viendra pourtant où le patient, plus qu'affaiblit par la maladie, se tournera vers l'expérimentation d'une guérison différente, n'ayant plus de choix...
 
Un beau jour viendra où la complémentarité de l'allopathie et des thérapies holistiques sera une évidence, reconnue par le très poussiéreux Ordre des Médecins.
 

 
La guérison intervient quand le patient prend celle-ci en charge, quand le souhait d'évoluer vers une vie meilleure devient une profession de foi. Cette conception est difficile à comprendre quand notre prise en charge par le système actuel est principalement passive : « Docteur, guérissez-moi ».
 
Posez la question à quiconque ayant traversé une véritable guérison, sur l'évolution de son état d'esprit pendant cette période... ce sont ces personnes là qu'il faut aujourd'hui consulter pour guérir. Je me souviens de ce que Fernando, médecin rencontré au Pérou m'a enseigné : il n'y a pas meilleur guérisseur que celui qui a déjà réussit à GUERIR de la maladie.
 
La guérison de soi passe par des étapes initiales souvent douloureuses qui sont le démantèlement des fausses croyances. L'ignorance que d'autres possibilités autre que la souffrance s'offrent à soi... La guérison est aussi accepter de ne pas choisir la facilité de rester dans son quotidien poison. Malgré tout ce que celui-ci nous inflige, il est souvent plus simple de ne pas en sortir, très paradoxalement. L'acceptation de son vécu, et la compréhension illuminent le travail quotidien de la guérison. Accepter le passé et les erreurs, pour ensuite comprendre ses propres réactions et celles d'autrui.
 
Guérir s'est être humble, se débarrasser de son ego et développer un amour inconditionnel et non un amour du jugement.
 
Guérir s'est refuser de grandir au travers la peur du jugement des autres. Quand autrui ne peut plus être celui qui justifie nos comportements, vient alors le moment où seul le choix de se tourner vers « soi » apparaît. Il est tellement plus facile de construire son quotidien en jugeant les faits de Pierre, les paroles de Paul et la tenue de Jacques... et tellement plus difficile de développer l'acceptation de la différence et la compréhension du point de vue des autres.
 
Guérir s'est aussi paradoxalement être parfois au service de l'autre, sans le moindre soupçon d'attente. Guérir c'est être un adulte en perpétuelle maturité, qui ne joue plus de l'enfant apeuré qu'il était.
 
Guérir s'est être réceptif aux signes du quotidien.
 
Guérir s'est accepter de prendre aujourd'hui le chemin de traverse alors que la route est pourtant dictée comme étant linéaire, d'une logique soit disant implacable, conduisant chacun à s'inquiéter pour un futur dont il ignore la finalité.
 
Guérir s'est être confiant.
 
Guérir s'est révéler à ses proches le réel être de Lumière que nous sommes, et non seulement les facettes susceptibles de réunir le meilleur nombre de suffrages lors du barbecue du dimanche. Il faut alors accepter la séparation avec certains, pour développer son existence avec d'autres. A contenter la terre entière, on oubli l'essentiel : se contenter soi même.
 
Guérir ne doit aucunement être assaisonné de la culpabilité d'être heureux. Le bonheur est une de ces merveilleuses inventions qui ne diminue pas quand on le partage, et il a le grand avantage d'être inépuisable. Le bonheur ne rapporte pas un centime au gouvernement, ne se comptabilise pas dans une colonne de la déclaration d'impôt.
 
Le bonheur s'expérimente sur le chemin de la guérison...
 
Une vie est certainement nécessaire afin de comprendre les ficelles de l'existence et d'expérimenter la guérison. Mais à choisir entre un chemin linéaire dont la superficialité et la facilité nous contenteraient, chacun de nous a aussi la possibilité de prendre des chemins de traverse, où des millions d'individus se rassemblent et se croisent.
 
Hari Om Tat Sat,
 
 
« Un jour, vous allez regardez derrière vous, ces moments sombres de votre vie. Vous verrez que votre cœur était brisé, mais que votre vie était en train de changer »
(E. Gilbert)
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